Un préparateur en pharmacie s'entraîne à l'injection vaccinale sur un bras de mannequin
Publié le 9 octobre 2026

La vaccination en officine s’élargit, et avec elle le rôle du préparateur en pharmacie. Depuis l’arrêté du 4 décembre 2024, vous pouvez administrer certains vaccins, à une condition claire : avoir suivi une formation dédiée, préalable à toute injection. Au-delà du geste technique, cette formation vous prépare à l’un des moments les plus redoutés, la survenue d’une réaction anaphylactique. Comprendre ce que la réglementation attend, ce que la formation couvre réellement et comment la financer vous permet de passer à l’action sans blocage pratique.

Réponse directe : Pour vacciner en officine, le préparateur doit suivre une formation conforme à l’arrêté du 4 décembre 2024, qui couvre le geste vaccinal (IM et SC), la surveillance post-injection et la prise en charge du choc anaphylactique. Cette formation courte, délivrée en présentiel, peut être financée via OPCO EP.

Pourquoi le préparateur en officine doit-il se former à la vaccination ?

La possibilité pour le préparateur d’administrer des vaccins en officine n’est pas une simple évolution de pratique : elle est encadrée par un texte réglementaire précis. L’arrêté du 4 décembre 2024 publié sur Légifrance autorise le préparateur à administrer certains vaccins à condition d’avoir été formé au préalable, sous la supervision d’un pharmacien lui-même formé à la prescription ou à l’administration.

Sans attestation de formation conforme, vous ne pouvez pas pratiquer le geste vaccinal, même si l’officine est équipée et le pharmacien titulaire volontaire. Cette formation s’inscrit par ailleurs dans le dispositif du Développement professionnel continu, un cadre que les équipes officinales connaissent bien pour la formation continue des professionnels de santé. Si vous souhaitez mieux comprendre ce dispositif, consultez cette ressource sur le DPC, obligation pour les professionnels de santé.

Pour une officine qui souhaite élargir son offre vaccinale, l’anticipation de la formation de l’équipe constitue une étape essentielle. Avant de mettre en place cette activité, le titulaire doit s’assurer que les professionnels concernés disposent des compétences requises et ont suivi un parcours de formation conforme au cadre réglementaire en vigueur. Cette préparation permet de mieux organiser la prise en charge des patients, de sécuriser les pratiques au comptoir et de définir clairement le rôle de chaque membre de l’équipe.

Dans cette perspective, CERP Rouen Formation accompagne les professionnels de santé dans le développement de leurs compétences grâce à des formations adaptées aux évolutions de leur métier. Les pharmaciens et les préparateurs peuvent ainsi consulter les programmes proposés afin d’identifier les objectifs pédagogiques, les compétences visées et les modalités d’évaluation. Pour les officines qui souhaitent développer la vaccination, il est notamment important de vérifier que la formation choisie correspond aux missions effectivement exercées par chaque professionnel et aux exigences réglementaires applicables, notamment celles prévues par l’arrêté du 4 décembre 2024. L’attestation obtenue doit couvrir le périmètre requis pour l’activité envisagée : une vérification préalable du programme et des conditions de validation reste donc indispensable. Pour préparer cette démarche, le site public.cerprouenformation.fr permet de consulter les informations relatives aux formations et à leurs objectifs pédagogiques. En s’appuyant sur les ressources de CERP Rouen Formation, l’officine peut mieux planifier la montée en compétences de son équipe, anticiper les besoins organisationnels et préparer le déploiement de son offre vaccinale dans le respect des obligations applicables.

Rôle élargi en officine : Selon la Cour des comptes, près de 63 000 préparateurs exerçaient en officine au 1er janvier 2024, et les pharmaciens ont administré 59 % des doses de la campagne antigrippale 2023-2024. La formation du préparateur s’inscrit dans cette dynamique de montée en puissance de la vaccination officinale.

Que couvre concrètement la formation : geste vaccinal IM et SC ?

La formation vise à vous rendre opérationnel sur l’ensemble du parcours vaccinal, et pas seulement sur l’injection. Elle démarre par l’éligibilité du patient : vérification des indications et des contre-indications au regard du calendrier vaccinal en vigueur, repérage des situations qui nécessitent de réorienter vers le pharmacien ou le médecin, et recueil du consentement.

Vient ensuite le cœur technique du programme : la maîtrise du geste vaccinal selon la voie d’administration. L’injection intramusculaire (IM) et l’injection sous-cutanée (SC) ne reposent ni sur le même site anatomique, ni sur la même profondeur d’aiguille. Un vaccin antigrippal, par exemple, s’administre généralement en IM dans le deltoïde, tandis que certains vaccins viraux vivants se font en SC. Les mises en situation sur simulateur permettent de travailler ces repères jusqu’à obtenir un geste sûr.

Enfin, la formation insiste sur la surveillance post-injection. Santé publique France recommande de surveiller les patients dans les quinze minutes suivant la vaccination et de disposer d’un traitement et d’un protocole adaptés à la prise en charge immédiate d’une anaphylaxie. Vous apprenez à organiser cet espace de surveillance en officine, à transmettre les conseils utiles au patient et à documenter l’acte dans le dossier vaccinal.

Quelle différence pratique entre voie IM et voie SC ?

La voie IM dépose le vaccin dans le muscle, avec une aiguille plus longue et un angle à 90°. La voie SC dépose le vaccin dans le tissu sous-cutané, avec une aiguille plus courte et un angle à 45°. Le choix dépend du vaccin et des recommandations du calendrier vaccinal, pas de la préférence du soignant.

Comment gérer une réaction anaphylactique après une vaccination ?

Le choc anaphylactique est rare, mais il peut survenir dans les minutes qui suivent une injection. C’est précisément pour cette raison que la surveillance de quinze minutes est devenue la norme. Reconnaître les signes d’alerte le plus tôt possible fait toute la différence : urticaire étendue, œdème du visage ou de la gorge, difficultés respiratoires, chute de la tension artérielle, malaise brutal.

Une préparatrice manipule un auto-injecteur d'adrénaline lors d'un exercice d'anaphylaxie
Reconnaître l’anaphylaxie et administrer l’adrénaline : un réflexe travaillé jusqu’à devenir automatique.

Côté organisation, le format court sur une journée en présentiel limite l’impact sur le planning de l’officine : un seul jour d’absence à anticiper, souvent sur un créneau choisi en concertation avec le titulaire. L’investissement en temps reste modéré au regard de la nouvelle compétence acquise et de la sécurisation juridique de la pratique vaccinale.

Questions fréquentes sur la formation vaccination du préparateur
Un préparateur peut-il vacciner sans suivre cette formation ?

Non. L’arrêté du 4 décembre 2024 conditionne expressément l’autorisation d’administrer des vaccins à une formation préalable. Sans attestation, la pratique n’est pas conforme.

La formation couvre-t-elle à la fois le geste IM et SC ?

Oui. Les formations conformes abordent les deux voies d’administration, avec mise en situation pratique sur simulateur pour chacune.

Que se passe-t-il concrètement en cas de réaction anaphylactique ?

Vous allongez le patient, administrez l’adrénaline en intramusculaire le plus précocement possible, alertez le 15 et surveillez les constantes jusqu’à l’arrivée des secours. La séquence est travaillée en simulation pendant la formation.

La prise en charge OPCO EP est-elle automatique ?

Elle n’est pas automatique mais souvent facilitée par l’organisme de formation, qui monte le dossier avec le pharmacien employeur. Les conditions exactes sont à vérifier au moment de l’inscription.

Se former à la vaccination, c’est transformer une obligation réglementaire en compétence durable : un geste maîtrisé, une surveillance structurée et une conduite d’urgence devenue réflexe. Pour avancer concrètement, le plus simple est d’identifier dès maintenant une session conforme à l’arrêté du 4 décembre 2024 et d’en parler avec votre pharmacien titulaire afin d’enclencher la demande de financement.

Rédigé par Maël Berthier, rédacteur de contenus pédagogiques consacrés à la formation continue des professionnels de santé.